Estampes et dessins
François Burland
du 9 juin 2000 au 16 juillet 2000

Vernissage le 9 juin à partir de 18h


Ils étaient deux dans un immense atelier de gravure au numéro 6 des Côtes de Montbenon. Ils, Raynald Métraux et François Burland... Tout est bien rangé, à sa place. Beaucoup de clarté et cette lumière du matin frappant des rayonnages qui mangent quasiment tous les murs. Des dalles de pierres et des rames de papier, couchées, en attente d’être imprimées ou grainées. Et dans un coin, une forêt de rouleaux de linoléum de deux mètres de hauteur les matrices gravées par François Burland et encrées par Raynald Métraux. Deux complices qui travaillent, qui parlent de leur complémentarité en relevant leurs différences, créatrices de cette alliance entre deux alchimistes : une rencontre. François Burland est un voyageur, un pèlerin fou d’églises romanes, de pages enluminées pluriséculaires, une éponge. Papier, toile, tout support est bon et digne pour qu’il y déverse sans état d’âme sa condition de mortel parachuté sur terre l’espace d’une vie, avant de basculer dans un au-delà aussi terrifiant qu’attirant.

Il aborde la gravure petits formats, puis, un jour, il voit grand. Une boutade entre amis va le pousser devant un lino de deux mètres par quatre pour sauver la face. Sur ce grand champ vierge vont danser ses guerriers. D’où viennent-ils ? D’un univers archaïque, peut-être, sûrement... On revoit défiler en soi des silhouettes noires ornant les panses des vases de la Grèce antique, les peintures du Tassili ou des oeuvres aborigènes, toutes ces expressions de magie et de pensée premières. Si l’on veut...Car tout est ouvert avec François Burland. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures, what you see is what you see. Ses gravures répètent inlassablement des scènes de chasses, pleines de sensualité et de “mâlitude”. Vous chercheriez en vain à lui demander comme moi la clé de ce mystère pourquoi seulement des hommes, où sont les femmes ? Pourquoi des guerriers aveugles et des animaux avec des yeux ? Burland vous répond sans détour que c’est comme ça et il ajoute, toute modestie mise à part, que c’est tout ce qu’il voulait dire et faire, tout ce qu’il pouvait faire sans rien dire d’autre. C’est donné, accompli comme une incantation, une phrase, une prière inlassable ment intériorisée et gravée. Reste à y ajouter aussi le vécu, la sensibilité et le paysage intérieur du spectateur qui participe à la genèse et à la vie de toute œuvre d’art.

Isabelle Darioly

Horaires et dates
du mardi au dimanche, entre 10h00 et 19h00
du 9 juin 2000 au 16 juillet 2000

Tarifs
Entrée libre
Renseignements
+41(0)27 203 21 11
info@ferme-asile.ch
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